20.10.2008
Caviar, guerre totale ET guerre civile (préambule à la part. III)
VRRRRRRRRRRRR… Après une conversation avec le colonel Kurz (ahhh, le roman de Conrad ! Même si Kurz n’y est pas colonel !) J’ai décidé, et c’est irrévocable de changer mon moteur, et de remettre la copie du Le Rhône, à essence ceci afin d’apporter ma « propre » et modeste contribution à la pollution de la planète et à l’assèchement des puits de pétrole! Le vrombissement des neufs cylindres rotatifs, m'est une joie aux oreilles, Quant à ce qui reste du monde, autant ne rien léguer au « générations futures », qui sont déjà malades… et pour la plupart des membres qui la compose n’a qu’un désir, conduire une chaise roulante à moteur! alors…Quant à la destruction, vous avez affaire à de vrais spécialistes, à côté Kurz et moi, on est des rigolos ! Mais il faut que je vous fasse part de notre conversation afin que vous compreniez ce revirement (d’aile)…Donc, Kurz, D.V (mais, oui le côté obscur de la force !) et moi on était déprimé, à voir tous ces malfaisants malfairent et fêter, d’où leur non de malfaiteur… sans ennuis : « Et tu ne veux pas un milliard ? » « Attends j’te file l’adresse aux îles caïmans, ah, ah ! » …
Là, D.V a vomi, (il a un idéal, sombre, mais un idéal !) Un peu comme Ungern von Sternberg, ancêtre d’un de vos concitoyens économiste à ses heures, (un baron comme moi l’ancêtre), qui dit après avoir fait fusiller un marchand d’armes qui faisait le tour des popotes (de toutes, hélas pour lui, comme il l’avoua ingénument au « Baron noir » Ungern, dans la Mongolie en guerre) : « Les commerçants du monde entier nous préparent un monde affreux, gris ! » quelque chose comme ça, en tout cas le sens y est.Donc nous restâmes à deviser, Kurz et moi, dans le même état d’esprit vaguement dépressif, rien à voir avec le « Blues » ou le « spleen » … Après force pilule, « les tranquillisants Lapilul vous font la vie légère comme une bulle* », toutes ces prises de la pastille, ah!ah! , nous considérâmes « les choses sous l’angle du philosophe* »… Le plus nietzschéen étant retourné à son étoile noire, nous nous mîmes à deviser la bouche pâteuse, Kurz dans sa robe indochinoise, négligemment allongé sur l’aille gauche, se passant régulièrement la main sur son crâne chauve entre deux phrases …
Kurz dit « - Et pourquoi les anéantir vaches par vaches, villages après villages, ils se débrouillent tout seuls ! Avec tant d’acceptation, les prédateurs n’ont même plus besoins de griffes ou de crocs, ce qu’ils mangent n’est qu’une matière molle…hmmm…. déjà morte, mais qui respire encore parce qu’elle croit qu’elle existe… J’ai vu un jour un escargot… »Je terminais la phrase : « - ramper … lentement… sur le fil d’un rasoir, oui…
Effectivement colonel, vous avez raison, tel ce Kilgore, qui aimait l’odeur du napalm au petit matin, ils ordonnent de raser les arbres, laissent tuer tout ce qui n’est pas eux, suicident les enfants qu’on leur a volés pour les soumettre à l’Entreprise**2 sans qu’ils s’en aperçoivent, ils ne méritent même pas l’honneur d’une rafale de mes « jumelles »! Tiens, une anecdote qui te poussera au-delà de la déprime, plus loin que ce que ton imaginaire enfiévré n’ait pu échafauder dans la pire et la plus fumeuse de tes théories sur l’anéantissement ? »Kurz releva les yeux : « - Impossible, j’ai été aux limites du supportable ! »Impassible je continuais : « - Un soir j’ai capté une de leur chaînes thématiques, Arte elle s’appelle, ils parlaient du climat, tu vois, ce qu’on traverse depuis quelques années avec le Fokker, des vents terribles, des cuites d’enfer, puis de la pluie terminale. Et plus besoin de voler au nord pour voir des ours blancs, ils descendent vers le sud sur des glaçons… mais « c’est bon pour le commerce ! », tu le connais leur mot d’ordre ignoble, qui fait hocher la tête des imbéciles !
Kurz m’interrompit : « -J’ai vu ça ! Ils disent ça parce que … parce que les bateaux, chargés de la marchandise qui masque le vide intégral de leur vie… mmm.. peuvent passer le pôle… une connerie dans le genre… mmm…Les anéantir villas par villas ! Mais qu’avaient-ils dans ta lucarne électronique… qui vaille la peine d’être raconté... »Je posais mon pied sur une caisse de munitions « - Tu connais l’organisation Greenpeace, elle défend l’ « environnement » ! Eh bien, un de leurs bureaucrates, à lâché qu’avec d’autres, genre petits commerçants, tiens-toi bien, j’ai pas envie de piquer pour te rattraper ! Eh bien…ILS ONT CALCULES COMBIEN LA PLANETE RAPPORTE EN « SERVICE » ! hin, hin ! »Kurz est resté la main plaquée au crâne, j’ai vu qu’il tournait un regard incrédule vers moi : « Attends, je ne suis pas sûr de suivre…. Calculés, en valeur… en monnaie ? »
Je regardais la grande tornade se former dans le lointain : « Ouaip ! … pour sauver la planète, par exemple en payant les gens qui coupent des arbres et dont c’est le seul job, pour qu’ils ne les coupent plus… bref, quels qu’en soit le motif, Ils ont FAIT CE CALCUL ! Kurz, ça comme génuflexion ! »Le colonel Kurz ne me regardait plus, perdu dans ses pensées : « - Quand j’étais dans ma jungle cambodgienne, dirigeant ma cité de l’enfer, mon étoile noire, j’entendais déjà parler d’écologie quand je captais une radio du pays ! Mais alors, dans les années septante, les écolos remettaient en question le système même de l’exploitation, pour eux vie et écologie ne pouvaient se séparer… mmm… ils ne calculaient pas, alors…»D’une voix blanche, face à ses yeux embrumés je répondis : « Tu vois, TOUT EVOLUE, hin, hin!…
Comme l’écrivait Berth quelques années après ma mort dans « guerre des états ou guerre des classes » en parlant des « socialistes », pages qui d’ailleurs sont toujours d’actualité, je cite de mémoire «il est des morts qu’il faut tuer ! » et bien voilà.
"Tout à déjà été écrit, dit, redit, réécrit, celui qui veut être au courant l’est ! "
Kurz à murmuré : « - De Brecht, « celui qui ne sait rien est un imbécile ! Celui qui sait et ne dit rien, celui là, est un criminel ! »
J’ai relevé mes lunettes de pilotage que je croyais sale sur mon casque, les prunelles dilatées par les gélules nécessaires au dérèglement des sens brouillant ma vision, je distinguais sa silhouette, et avant de sombrer dans le grand calme, je parvins à articuler…
« -Tu sais D.V à raison… lui, toi et moi, on est des rigolos… Aussi… je pense… » Me tournant vers le colonel Kurz, je terminais ma phrase un doigt ganté levé pour appuyer mon propos… « je pense que la stratégie ne les intéresse pas, que les théories politiques ou sociales, la philosophie, ça vaut pas NIP/TUCK ou les experts de Miami, Los-angeles ou Paris…. Leur destin ne les intéressent pas… »
Kurz m’interrompit de sa voie grave : « - T’es bien un sang bleu, qu’est-ce que tu sais de ce qui les intéresse… »
Piquant la mouche je répliquais : « Tant de mansuétude de ta part m’étonne, Kurz… Va faire un tour ! » et d’un looping impeccable, je me débarrassais de lui…
Plus personne sur l’aile, donc plus besoin de sans cesse corriger ce déséquilibre…« -Sang bleu ! non, mais.. Y a des limites… Noble, de caractère certes, mais pas de caste !» Corriger ce « déséquilibré » ? … Fin de la conversation, retour au présent… c’est vrai quoi, Fok ! (à suivre)----------------------------------------------------------------------------
Sources :
* Maurice Tillieux, Gil Jourdan, surboum pour quatre roues
** « En décembre 1991, la Commission européenne publiait un mémorandum sur l’enseignement supérieur Elle y recommandait aux universités de se comporter comme des entreprises soumises aux règles du marché. Le même document exprimait le vœu que les étudiants fussent traités comme des clients, incités non à apprendre mais à consommer. (…)**2 EN SEPTEMBRE 1993, la même commission (sic-n.d.rb) récidive avec un livre vert sur la dimension européenne de l’éducation. ELLE Y PRECISE QU’IL FAUT DES LA MATERNELLE FORMER DES RESSOURCES HUMAINES POUR LES BESOINS EXCLUSIFS DE L’INDUSTRIE »et FAVORISER « UNE PLUS GRANDE ADAPTABILITE DES COMPORTEMENTS DE MANIERE A REPONDRE A LA DEMANDE DU MARCHE DE LA MAIN-D’ŒUVRE » (…)R. Vaneigem « avertissement aux écoliers et lycéens » éditions mille et une nuits 1995
(P.S trop longue ma note, peut-être pas assez « soutenue », normal un triplan se déplace dans l’air, et si vraiment vous trouvez ça trop long allez jeter un œil par ici…)
Extrait retouché d'une image de James Dietz
"redbarons still life"
03:19 Publié dans Culture, Formation, note de combat, Politique, Rafales, Survol de tranchée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ecole, europe, enseignement, directives

